Le dossier Rennes-le-Château,
du vrai et du faux - premier bilan
(partie I)



Part II - Les 7 clés du Serpent Rouge
Part III - Généalogie des rois mérovingiens, Les tablettes du lignage royal (A)
Part IV - Généalogie des rois mérovingiens, les Manuscrits ou généalogies mérovingiennes de l’abbé Pichon (B)


Un certain Lionel Burrus écrivait, dans une pseudo revue catholique vers 1966 : « Faisons le point !». A notre tour, au moment où de nouvelles pièces à conviction apparaissent et après avoir inventorié une première série d'évènements corrompus, puis diffusé une somme d’informations vérifiées et référencées, faisons une pause « révélatrice » et résumons la situation en dressant le tableau de tout ce qui est vrai ou faux dans cette histoire.
Nous irons parfois au-delà. Non au-delà de la vérité, mais au delà de la synthèse en disséquant page par page les apocryphes de Pierre Plantard et Philippe de Chérisey, telle que la plaquette « Pierres Gravées du Languedoc » imputée à Eugène Stüblein. Car tout cela mérite un regard particulier, sans concession.

 

1- La réalisation de manuscrits cryptés par l’abbé Bigou : FAUX.

Cinq années déjà et l’effet Codex Bezae s’est répandu comme une traînée de poudre. L’étude de ce manuscrit l’a démontré, l’auteur du petit parchemin n’est pas l’abbé Bigou. A moins de détenir le véritable Codex Bezae en 1781, le chapelain de Marie de Nègre d’Ables ne pouvait avoir en main un document détenu par la bibliothèque de l’université de Cambridge depuis 1585 et qui ne serait édité pour la première fois qu’en 1793.

L’abbé Bigou finit sa vie en exil. Le 20 février 1791, il prêta serment avec restriction sur la nouvelle constitution. Il fut récusé et déporté en Espagne jusqu’en 1793. Jean Antoine Camp, curé constitutionnel, lui succéda à la cure de Rennes-le-Château[1].

A. Bigou n’est pas plus l’auteur du grand manuscrit. Le Codex Bezae était nécessaire pour élaborer les deux parchemins codés. Il ne put donc pas les cacher dans un pilier Wisigoth de l'église de Rennes-le-Château, quel que fut le lieu de son décès. Ce dernier point, que tout chercheur un peu fouineur connaît depuis longtemps, n’a aucun intérêt. D’ailleurs, la Société des Arts et Sciences de Carcassonne écrit dans son bulletin de 1918 : « Il possédait des biens à Quillan où il résida en dernier lieu »[2].

Si l’abbé Bigou est intervenu dans cette affaire, on ne sait trop à quel niveau. Pour l’épitaphe de la stèle de la marquise de Blanchefort, il peut être mis hors de cause. Il n’a pas pu la graver, voire la créer. L’épitaphe est l’anagramme parfaite du message crypté de « Bergère pas de tentation... » additionnée du « PS Praecum » de la dalle horizontale. En voici la démonstration :

BERGERE PAS DE TENTATION
QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF
PAXDCLXXXI (681)
PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU
J'ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN
A MIDI POMMES BLEUES
=
+ PS PRAECUM
Message crypté du grand parchemin et l'épitaphe anagrammée
de la marquise dissimulant la clé "Mort-épée"

Une question survient inopinément : à quoi sert la clé de décryptage« MORTEPEE », si le message codé définitif est l'épitaphe anagrammée dissimilant également cette clé ? On a l'impression de défoncer des portes ouvertes ! Encore fallait-il découvrir une anagramme dont la date de naissance remonte à 1905 au plus tard, puisque cette stèle et son épitaphe sont authentiques. Nous y reviendrons.
Les œuvres de 1860 du peintre Eugène Delacroix, dans l’église Saint-Sulpice, étant un thème codé dans le message, l’abbé Bigou ne pouvait en avoir connaissance soixante-dix ou quatre-vingt ans plus tôt. Et peut-on croire qu’un chapelain s’échine à graver l’épitaphe d’une de ses ouailles, fut-elle marquise, seigneuresse du château ? C’était généralement la tâche incombant au fossoyeur.

Le seul rôle à imputer à l’abbé Bigou serait celui de passeur de documents, en les dissimulant dans le tombeau des seigneurs de Rennes ou celui de la dame de Blanchefort. Des archives, familiales hypothétiques, n’ayant rien de commun avec les deux parchemins cryptés, rappelons-le.

L’information selon laquelle il aurait commandé le transfert de la dalle horizontale à un certain Guillaume Tiffou est à prendre avec la plus grande précaution. Commenté abondamment, il faut quand même garder à l’esprit que le renseignement vient de l’apocryphe bourré d’erreurs, « Le Cercle d’Ulysse », écrit en 1977 par un affidé du Prieuré de Sion de 1956, le pseudo Jean Delaude. Un témoignage oral, suivant la tradition, pourrait accréditer cette thèse, nous le verrons plus loin.

 

2- L’église Saint-Sulpice de Paris, Sainte Roseline et le lien à la Rose Ligne : FAUX.

Ste Roseline, décédée le 17 janvier 1329, n’était pas dans le calendrier dans la première année du XXe siècle. A l’époque de Bérenger Saunière, seuls saint Antoine ermite, saint Genou et sainte Léonie étaient honorés le 17 janvier. Saint Sulpice, lui, était fêté le 19 janvier.

Beaucoup d’exégètes de l’affaire de Rennes ont voulu voir, en cette religieuse de l’Ordre des Chartreux, le symbole de la Rosslyn Chapel édifiée par les Templiers en Ecosse, la Rose Ligne ou Ligne Rouge du méridien de Paris en l’associant au gnomon astronomique situé dans l’église de Saint-Sulpice. Or, d’une part le méridien de Paris ne passe absolument pas dans cette église et d’autre part le gnomon, prétendu rouge, puisque quelques uns le disent en cuivre, est en réalité jaune puisqu’il est en laiton. Détails dérisoires certes, mais qui en disent long car le gnomon est un instrument astronomique.

Roseline de Villeneuve n’ayant pas de relation directe avec Saint-Sulpice, la chapelle écossaise peut aussi être effacée d’un scénario « Saint Graal » à la sauce anglo-saxonne « davincicodesque ». L’église Saint-Sulpice de Paris tient un tout autre rôle d’importance dans l’affaire. Elle fera l’objet d’une notice séparée.

 

Lettre de Ph. de Cherisey, 11 juillet 1985 (*)

3- Le témoignage de Ph. de Chérisey : FAUX.

Il faut bien l’avouer, Philippe de Chérisey, acteur de son état, a joué la comédie toute sa vie. On ne peut donc pas prendre au comptant toutes ses déclarations, quelles soient en faveur ou contre l’affaire.

Toute l’érudition du marquis n’aura pas suffi pour faire de l’histoire de Rennes-le-Château une simple farce. En effet, nous avons mis au jour un nombre indiscutable de preuves démontrant que Ph. de Chérisey fut, certes, un acteur fort « zélé » mais plus encore : un maître dans l’art de brouiller les pistes et dans la manipulation de masse.

Nous avons déjà énuméré toutes les preuves de cette manipulation. Mais puisque nous en annonçons périodiquement, un récapitulatif de plus ne sera pas superflu :

1 - Son témoignage en faveur du dictionnaire de Dom Cabrol qui ne contient aucun extrait du Codex Bezae.

2 - Son inutile explication de "Secundo Primo", que l’on retrouve dans de nombreuses publications. La Vulgate a retenu l’expression. De Chérisey n’avait pas besoin d’un texte en onciale pour la découvrir.

3 - Sa méconnaissance de l’hymne à Marie-Madeleine écrite par Odon de Cluny.

4 - Sa méconnaissance du contenu véritable du Ch.VI de l’évangile de st Luc dans le Codex Bezae.

5 - Sa méconnaissance de la portée gnostique du Codex Bezae dans le monde ésotérique chrétien ou chez les francs-maçons.

6- Sa lettre à P. Plantard avouant qu’il n’est pas l’auteur de l’ouvrage Circuit[3].

Quoi qu’on en dise, même s’il connaissait la plupart de ces documents, il n’en n’a jamais parlé. Ce qui suffit pour écarter toute supercherie venant de lui.

 

Rapport officiel sur l'état de l'église
de Rennes-le-Château en ligne (1Mo)

4- La découverte de deux parchemins cryptés par l’abbé Saunière : VRAI/FAUX.

Non, Bérenger Saunière n’a certainement pas retrouvé les deux manuscrits cryptés de l’affaire dans un pilier du vieil autel de son église, puisque l’abbé Bigou n’en était pas l’auteur. Par contre, tout nous indique que Saunière en fut le rédacteur avec l’aide de l’abbé Boudet, curé de Rennes-les-Bains. Les deux hommes se connaissaient très bien. Les carnets de correspondances du curé de Rennes-le-Château le prouvent.

Néanmoins, nous ne pouvons pas écarter l’hypothèse d’une découverte de documents cachés dans un pilier creux, ou ailleurs dans l’église (tombeaux). Ceux-ci ayant été utilisés par notre duo de choc, vers 1900, pour élaborer la première épreuve des deux manuscrits, falsifiés par la suite par Ph. de Chérisey et consort.

Le pilier en lui-même invite à de nouvelles interrogations. Un rapport officiel pourrait remettre quelques idées reçues sur la sellette.

 

Lire la suite... dans les Dossiers Inédits du Mercure de Gaillon



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Th. Garnier


Remerciements particuliers à : A-M Lecordier

 

© 30 octobre 2009 - M2G éditions. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur.



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[1] Histoire du clergé de l’Aude, de 1789 à 1803, par A. Sabarthès, 1939, p.62 et 98

[2] Mémoires de la SASC, 1918, p.32

[3] Le Cercle, P. et Th. Plantard, 1992, p.61.