Les 7 clés du Serpent Rouge
du vrai du faux
(partie II)

Voir aussi - Le SERPENT ROUGE, Bourges  et l'abbé Moreux


Part I - Le dossier Rennes-le-Château, du vrai et du faux - premier bilan
Part III - Généalogie des rois mérovingiens, Les tablettes du lignage royal (A)
Part IV - Généalogie des rois mérovingiens, les Manuscrits ou généalogies mérovingiennes de l’abbé Pichon (B)



Le Serpent Rouge, notes sur Saint-Germain-des-Prés et Saint-Sulpice, 1967. Version complète (OCR) disponible dans le FANUM II

Lis, relis, travailles et tu trouveras ! Toute quête pourrait se résumer par ce vieil adage alchimique[1]. Dans le cas présent, le Serpent Rouge est un fil rouge ou le fil d’Ariane que l’on déroule pour sortir du labyrinthe d’absurdités, de mensonges et de contrevérités, construit à son époque par le Prieuré de Sion.

Au fil du temps, notre grille de lecture s’est affinée. […] . Une prise de conscience éclaire d’un jour nouveau cette obscure compilation.

L’ensemble de la communauté des chercheurs semble être d’accord sur un point : Le Serpent Rouge, opuscule remis à la BnF le 17 janvier 1967 est bien l’un des apocryphes fabriqués par l’équipe du Prieuré de Sion (asbl loi 1901, fondée en 1956). Cela ne fait aucun doute.

 

La trajectoire d’un feu sacré

 

En 1979, Franck Marie avait découvert le pot aux roses en comparant les caractères de la machine à écrire ayant servi à élaborer le fascicule. Mais l’étude approfondie de l’œuvre laisse transpirer une connaissance insoluble contenue dans certains documents détenus par les auteurs. On y remarque un ostensible collage du même style que ceux introduits dans les plaquettes attribuées à Eugène Stüblein ou du pseudo Antoine l’Ermite[2] ou le Hiéron du Val d’Or. Il faut donc entendre le mot « apocryphe » au sens strict du terme, c'est-à-dire : d’une origine douteuse, à l’image des parchemins cryptés. Ce qui signifie que le Serpent Rouge n’est pas un faux total.

Les pièces du puzzle se mettent en place une à une, nous montrant que le Prieuré de Sion avait des documents, « codés » ou non, provenant des archives des abbés Saunière et Boudet dont ils ne surent que faire.

Nous ne cessons de le répéter depuis nos découvertes et publications se rapportant au décryptage du Codex Bezae en 2005, qui est en soi une clé d’or de par son initiateur “Thé(o)-d’or(e)” de Bèze, et cela semble avoir fait école dans certain cercle de chercheurs très restreint n’hésitant pas à s’en attribuer indûment la paternité.

Le SERPENT ROUGE, notes sur Saint-Germain-des-Prés et Saint-Sulpice, est un des nombreux appâts lancés par le Prieuré parti à la pêche aux infos, avec armes et bagages. Comme tout le reste, cet appât là était bien plus qu’une simple farce à dindon ou pigeon.

Le corpus de l’opuscule contient plusieurs documents émanant des sources disparates :

Vue de l'abbaye de Saint-Germain-des-Près au XVIIIe siècle

-         une mise en garde, extrait de l’ouvrage de l’abbé Moreux L’alchimie Moderne[3].

-         un préambule astrologique dont l’inspiration orientée est à mettre au crédit de P. Plantard.

-         un bref récapitulatif historique sur l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés et l’église Saint-Sulpice provenant de découpes d’ouvrages de la BnF ou de la bibliothèque personnelle de Plantard.

-         un tableau dynastique de la collection « Que sais-je », toujours à mettre au crédit du Prieuré de Sion, rappelant étrangement la généalogie Lobineau truquée, additionné de cartes de l’ancienne France[4].

-         un extrait d’un plan de Paris, faubourg Saint-Germain, de Mathieu Mérian datant de 1615.

Nous avons réussi à en identifier les sources[5]. Il y en a au moins sept, si ce n'est huit, voire  neuf, différentes. A « L’Alchimie Moderne » et « Que sais-je », il faut ajouter sept (ou huit) autres références bibliographiques. A notre connaissance, elles n’ont jamais été retrouvées ou publiées.

Mr Pierre Jarnac nous a informé dernièrement avoir fait ses propres recherches sur ce thème et avoir eu des résultats positifs sur Saint-Germain-des-Prés. Nous attendons donc avec bienveillance sa prochaine publication, dont nous ne connaissons rien (au 20.02.10). Nos quelques découvertes documentaires seront révélées et développées tout au long de notre exposé.

Elen Trevezent nous a dévoilé les facettes saisissantes concernant le contenu alchimique du document. Le titre même de l’opuscule, le serpent rouge retient le feu secret des alchimistes. Les faits sont là, imparables et remarquables. Elle nous a attiré vers Bourges au centre de la France, une pièce maîtresse dans le plan du Prieuré et vers l’abbé Moreux, un curieux curé, à qui l’on doit le premier calcul du centre de la France, animé par une soif de connaissance de l’étrange et des sciences ésotériques à faire trembler les fondements de la chrétienté.

Cette étape est à marquer d’une pierre blanche, car si effectivement l’opuscule fut rédigé « frauduleusement » en 1967, tout indique que le Prieuré de Sion s’est servi d’informations antérieures, en provenance directe du Midi de la France, piochée dans la manne des deux curés audois. Il ne peut en être autrement car il y a, dans le préambule astrologique datant de 1967, des informations excluant toute supercherie. Il fallait avoir les informations de base en main pour en parler, même si elles furent mal interprétées par les pseudos Feugère, Saint-Maxent et de Koker, les auteurs prétendus suicidés, ou par qui que ce soit d’autre. Le « commentaire ancien » du Livre de Tobie (Liber Tobiae), largement commenté depuis quelque temps, en est la preuve.

En effet, nous retrouvons trop de coïncidences, non seulement avec notre décryptage du Codex Bezae mais aussi avec nos travaux sur gaillon, pour que cela en soit réellement. Ceci démontre une fois encore l’ignorance des fraudeurs face aux anciens manuscrits du Nouveau Testament. Le Codex Bezae n’a jamais été mentionné une seule fois par les joyeux farceurs du Prieuré de Sion. Cela signifie qu’ils n’y connaissaient goutte.

Autrement dit, en rédigeant Le Serpent Rouge, ils ont donné une interprétation approximative à des documents en leur possession, leur étant totalement inconnus. Ils nous le révèlent eux-mêmes dès le départ en évoquant un grand voyageur de l’inconnu. Ne serait-il que Supérieur ?

Nous vous proposons maintenant de poursuivre un « décryptage » méthodique de chaque strophe zodiacale. Peut-être vaudrait-il mieux parler d’interprétation. Il faut séparer le bon grain de l’ivraie. Notre grille de lecture est devenue un tamis dont le tramage s’est très nettement resserré ces derniers temps. D’une part nous relèverons et commenterons les éléments de recherches authentiques et d’autre part nous mettrons de côté tout l’habillage ajouté par le Prieuré de Sion pour édulcorer sa fable « ésotérico-plantardienne ».

Les indices sont devant nous, éclatants. Des éléments de notre décodage, venus du Codex Bezae et des parchemins, sont nettement indiqués. La piste de Gaillon est tout aussi éclairée en direction de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, dont les cardinaux de Bourbon, archevêques de Rouen et seigneurs de Gaillon, furent les détenteurs.

L’église Saint-Sulpice, dont on connaît l’importance dans la mythologie du Prieuré de Sion, sera bâtie dans cette paroisse au XVIIe siècle, sur l’ancienne chapelle des domestiques de Saint-Germain-des-Prés. Cette affirmation, quoique lénifiée par P. Plantard, est exacte. Le collage de texte de la page 12 du Serpent Rouge, comportant le plan de l’église, est une reprise du texte paru dans “Les curiosités de Paris, de Versailles, Marly, Vincennes, Saint-Cloud et des environs”, de Georges-Louis Le Rouge, T.2, oeuvre publiée en 1778, p.90-91.

Montage de texte falsifié. La date du 17 janvier est
un ajout des auteurs du Serpent Rouge.
Page 12 du Serpent RougeExtrait original de "Les curiosités de Paris, de Versailles, Marly, Vincennes..."

On trouve une partie du texte également dans dans "Géographie Universelle traduite de l’Allemand" par Anton Friedrich Büsching (p.223) vers 1788. Plusieurs éditions ont été tirées de cet ouvrage[6]. On y retrouve l’essentiel du paragraphe. Dans l’exemplaire que nous avons consulté il est restitué ainsi : C'étoit anciennement la chapelle des domestiques de l'abbaye de St. Germain des Prés. Le fauxbourg du nom de cette abbaye s'étant considérablement peuplé, on fut obligé en 1211 de faire bâtir une église plus vaste. Celle-ci s'étant trouvée elle-même trop petite, on jeta les fondements d’une troisième 1646. On y travaillent depuis plusieurs années....

L’ouvrage de G.-L. Le Rouge, est la première des sept références clés du Serpent Rouge. Ce n'est pas la plus importante, mais elle vous servira au moins à ouvrir la première porte pour pénétrer cette énigme dans l'énigme. Les autres clés sont à découvrir dans le dossier exclusif de 17 pages publié dans le Mercure de Gaillon N°10.


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Lire la suite de la 2e partie
dans Le Mercure de Gaillon, les archives du Serpent Rouge N°10 d'avril 2010

 

Thierry Garnier

 


Remerciements particuliers à : A-M Lecordier


© 1er Avril 2010 - M2G éditions. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur.



[1] Cf. Mutus Liber.

[2] Cf. Arcana Codex, Livre II, Th. Garnier, M2G Editions, 2005.

[3] Publié en 1924. La couverture indique une date écrite en chiffres romains d’une manière peu orthodoxe. Jean-Luc Lebouc, de l’association « Cercle Boudet 11 », nous a fait remarquer l’anomalie. La date est écrite ainsi : MDCDXXIV au lieu de MCMXXIV.

[4] Le Serpent Rouge, preuves, éd SRES, coll. Vérités Anciennes, 1979, p.28.

[5] Depuis le 17.07.05, cf. Serpent Rouge dans le Codex Bezae.

[6] T.IV, nouvelle édition.