Entrepot #11,
l'Arche d'Alliance hors d'atteinte



 

Grandiose et époustouflante, la piste de l’Arche d’Alliance n’est pas une chimère. Dans son récit de voyage à Constantinople en l’an 1200, Antoine, évêque de Novgorod, indique la présence de l’Arche d’Alliance en la basilique Sainte-Sophie[1]. Ici, il n’est pas fait mention d’une quelconque copie ou d’un doublon[2]. Aucune allusion à l’arche de Saint-Jean de Latran n’est faite.

 

Sur la piste

 

Diorama : l'arrivée de l'Arche d'Alliance - Musée du Hiéron du Val d'Or vers 1900

L’Arche a beaucoup voyagé depuis sa prétendue disparition et sa mise au secret dans les grottes du mont Nébo. Plus tôt, nous l’avions vue apparaître en Éthiopie. Le coffre sacré aurait été envoyé dans cette contrée à l’époque de la reine de Saba. Le Hiéron du Val d’Or, commanditaire de Bérenger Saunière dans le Razès, connaissait ce récit. Il était transposé sur une fresque (diorama), disparue car dissimulée sous des briques de nos jours, dans la grande salle  des Fastes du Temple-Palais de Paray-le-Monial.

Onze églises monolithiques, dites rupestres, reliées entre elles par des souterrains, furent taillées dans la roche de Lalibela. Parmi celles-ci, l’église Sainte-Marie-de-Sion est le symbole de l'Église éthiopienne copte. Ce serait l'endroit même du sacre des rois d'Éthiopie, et c'est là aussi que serait conservée l’Arche d'Alliance. Selon la légende elle aurait été rapportée de Jérusalem par Ménélik Ier en 3000 avant J.-C., fils de la reine de Saba et du roi Salomon. Si cette histoire est véridique, il n’y avait plus d’Arche dans le Saint des Saints vers 680 av. J.-C., lors de la première destruction du Temple de Salomon par les babyloniens. Une réplique ancienne était déjà en place.

Toutefois une information du 11.11.14, nous apprend que l’Arche d’Ethiopie auraient été dérobée :  "Le patriarche de l'Eglise orthodoxe éthiopienne Tewahedo, Sa Sainteté Abune Mathias, a annoncé ce 11.11 que le trésor biblique le plus précieux dans le monde, l'Arche d'Alliance, a été volé la nuit dernière dans les catacombes de l'église de Notre-Dame Marie de Sion. Les gardiens de l'artefact auraient été endormis par l'utilisation d'armes chimiques avant que les voleurs n’entrent dans la crypte pour voler la Précieuse relique." Ce cambriolage digne d’Arsène Lupin est fort dommage mais cette Arche n'est également qu'une copie. La véritable fut déplacée et mise sous bonne garde il y a fort longtemps (+/- 900 ans).

Plan des souterrains de Lalibela
Plan des 11 églises rupestres de Lalibela (Ethiopie)

Une hypothèse soutient l’idée que les chevaliers de l’Ordre du Temple auraient rapporté la véritable Arche de leur voyage en Éthiopie d’après des reliques retrouvées sous le Temple de Jérusalem. Les sous-entendus coptes, le codage du Codex Bezae semblent en convenir. Les Templiers furent probablement les premiers à découvrir le sens caché de ce manuscrit.  

N’oublions pas que l’Éthiopie de l’époque des pharaons et du xiie siècle n’était pas celle d’aujourd’hui. De plus la reine de Saba, reine de légende dit-on, est l’actrice de nombreux récits coptes découverts avant l’an 325 dans la basilique Sainte-Sophie de Constantinople.

Parmi les illuminés d’Avignon de dom Pernety, on cite Beaufort, ancien militaire, qui s'était retiré dans la bonne ville du « pont où l’on danse tous en rond ». Il a publié anonymement une traduction de l'hébreu du psaume Exsurgat avec commentaire. Il y soutient que l'Arche d'Alliance, la manne, les verges d'Aaron, sont encore existantes et cachées dans un coin de la Judée et qu’elles reparaîtront un jour. Malgré cette affirmation rien n’indique la mise au secret de l’Arche en Judée.

 

L’Arche Perdue est retrouvée

 

Tabernacle - Arche d'Alliance, église Staint Sulpice Paris
Tabernacle - Arche d'Alliance, église Staint Sulpice Paris vers 1920

C’est plutôt en direction de Constantinople que notre regard se tourne. La date de l’arrivée de l’Arche nous est encore inconnue. Mais tout converge vers cette ville. De là, les exégètes situent le début des pérégrinations au vie siècle du Codex Bezae, matrice des parchemins codés de Béranger Saunière.

Le convoyeur est aussi un mystère. Bélisaire qui avait rapatrié les débris du trésor de Rome au vie siècle à Constantinople n’est pas le candidat à retenir. Aucune arche n’est citée dans la liste des artefacts rapportés.

L’Ordre du Temple semble être le mieux placé pour le transport. On peut donc estimer le transfert de l’Arche authentique du site éthiopien vers la basilique Sainte-Sophie aux alentours de l’an 1118. Quant à son départ pour la France, il faut le supposer entre 1200 et 1204. En effet, Robert de Clari n’évoquera pas le coffre sacré des hébreux lors de sa visite à Sainte-Sophie[3]. L’Arche n’y était plus en 1204.

La capitale byzantine est au cœur de notre enquête : à la croisée des chemins où nous rencontrons à la fois le Codex Bezae, Nicétas pape cathare, la reine de Saba et enfin l’Arche d’Alliance coiffant l’ensemble.

Les traces de la plus célèbre des reliques bibliques sont encore visibles dans beaucoup d’édifices religieux de France. On la retrouve dans la cathédrale de Reims où l'Arche d'Alliance est représentée sur un bas-relief au pied du Soleil, et à l'opposé sont les pains de proposition[4]. Une reproduction en bois et plâtre est visible en l’église Saint-Roch de Paris. En 1771, Jacques Vincent Simonnet décrit le tabernacle du maître-autel de l’église Saint-Sulpice de Paris comme étant une réplique de l’Arche d’Alliance[5], disparue de nos jours.

Pech de Bugarach vers 1900
Pech de Bugarache vers 1900

D’autres artefacts affairant à l’origine de l’homme furent retrouvés puis ramenés en Europe : des restes du premier homme... arrivé sur Terre… sacré Graal ! Adam, le chaînon manquant, demeurant et mourant dans la Caverne des Trésors[6], devenue le réceptacle d’une partie des biens de l’Ordre. Un « Entrepot #11 » ou Temple Souterrain dont les clefs furent remises à certaines familles nobles du Razès sous la forme d’une tessère oubliée, puis révélée par l’affaire du « Liber Tobiae ».

Et du tréfonds des salles souterraines de Gisors, fiat lux, le Joyau de l’Officiant, et la clef, nous ouvrent la route, « puisque tout n’est donc pas à Gisors ». Il existerait douze dépôts secrets dans toute la France. Même un Templier ne met pas tous ses œufs dans le même panier ! Notamment quand un Poussin peut éclore à tout moment afin de dispenser certaines connaissances en quelques coups de pinceau « solis sacerdotibus ».




Voir aussi

Thierry Garnier


Extrait de "Gisors ou la Chronique Vulcaine, Arcana Codex L.III", M2G Etions, 2010.

Remerciements particuliers à : A-M Lecordier

 

© Revue et augmenté - 15.11.14 - M2G éditions. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur.


[1] Le Livre du Pèlerin, in Itinéraires russes en Orient, traduits pour la Société de l'Orient latin par Mme B. de Khitrowo. 1889, p.93.

[2] Seules les tables de la loi seraient en argent. Toutefois l’affirmation est assez peu compréhensible.

[3] Les émerveillements des francs de la quatrième croisade, R. de Clari, 1204.

[4] Nouveau voyage de France, par M. Piganiol de la Force, T.II, 1755, p.203

[5] Ms. Le Nouveau Temple de Salomon, 1771, fol.145.

[6] Chants populaires de la Provence, par Damase Arbaud, éd. Makaire, Aix, 1862, p.9.