Il y a tellement de récits relatant la singulière aventure de Roger Lhomoy qu'il serait inutile ici d'en faire encore le résumé. Il existe de nombreux sites Web qui s'y sont attelés avec brio. Vous retrouverez leurs adresses à la fin. D'autres n'ont fait que colporter des récits invérifiables. Je vais donc me contenter ici de remettre les pendules à l'heure en apportant les preuves publiées il y a quelques 150 ans. Excusez le mauvais jeu de mot du titre mais je n'ai pu m'en empêcher.
Le passé du château de Gisors ou de la ville est complètement trafiqué depuis des dizaines d'années tant par les guides du château que par les historiens contemporains. L'objectif est clair: supprimer toutes traces de l'Ordre Templiers à Gisors afin de refréner l'ardeur des chercheurs de trésor de quelque nature que soit son contenu. Certains vont même jusqu'à émettre des réserves quant à la présence templière dans ces murs (1) aussi courte fut-elle. D'autres, pourfendeurs des fantasmes populaires, mettant en avant la théorie d'un chanoine Tonnellier, dont on omet volontairement de mentionner les sources, iront renommer le prisonnier de la tour Nicolas Poulain en Elie de Beaumont fuyant la terre de France pour courir l'Amérique (2). Jusqu'où ira l'obscurantisme scientiste? Le point de vue qui m'a le plus amusé c'est celui concernant l'incarcération de Jacques de Molay à Gisors quelques jours avant son exécution. Le camp de la pensée unique s'affronte ici en total opposition. L'un, (les guides du château) prétend qu'aucun templier ne fut enfermé à Gisors tandis que l'autre (les historiens) affirme le contraire (2). Avouez qu'il y a de quoi être mort de rire. Mais trêve de plaisanterie. L'historien pourra crier à qui veut l'entendre qu'il n'y a rien, aucun dépôt trésoraire à Gisors, il n'en reste pas moins de fortes présomptions basées sur des documents écrits. Généralement quand on retrouve d'anciennes pièces justificatives remettant en cause les allégations historiques officielles, l'historien marque le pas puis, remis de ces émotions, les fustige en disant sans aucune preuve à l'appui que l'auteur est un fantasque, un affabulateur abreuvant la populace de légendes. Tel est le cas pour Gédéon Dubreuil, qui fit un remarquable travail sur la ville de Gisors en 1857, passé à la postérité pour un "piniouf". Toutefois si les sources sont incontestables, l'historien fera en sorte de les oublier. A toutes les époques l'histoire a été falsifiée. Cela continue toujours.
Alors comme pour redonner un peu d'honneur à ceux que l'on a bafoué, ceux qui on fait ou écrit l'histoire, et enterrer définitivement ceux qui la défont à leur gré, je soumets à votre jugement deux documents. L'un prouvant l'existence d'une église à l'emplacement de l'actuel Château de Gisors, l'autre confirmant les "contes" populaires sur le présumé souterrain entre Gisors et la tour de Neaufles. Ce souterrain n'a rien à voir avec les "caves" du château que tout un chacun peut à l'occasion visiter (voir ci-dessus). Vous pourrez tout de même vous interroger sur les accés qui ont été bouchés; "Ou ceux là mennaient-ils?".
Dans un petit livret datant des années 60, Mr Eugène Anne (3), ancien professeur à Gisors, en distingue 3: un accés "reservé au public" au pied de la butte du donjon, un second dans le dallage Est de la terrasse autour du château et le dernier au pied de l'escalier qui conduità la tour du prisonnier. Quant à l'église dont je parle, c'est celle dont fait mention G. De Sède dans son livre (4), en ne donnant aucune source documentaire. Or cette source existe belle et bien.
Passons maintenant à l'autre document étayant l'hypothèse du souterrain entre Gisors et Neaufles St Martin. tout le monde connaît la "légende"! Mais en est-ce bien une. Jean Markale comme d'autres le pense. Peut-on raisonnablement l'affirmer. Personnellement je pense que non et prends tout à fait au sérieux les écrits de Mr Gédéon Dubreuil (6). Son ouvrage est tout à fait digne d'un historien local honnête sans parti pris. Il décrit "pertinemment et avec science" Gisors et sa région. Neaufles est de ces villages accolés à jamais aux "mythes" du Véxin. Gédéon Dubreuil enquêta, fort à propos, au sujet de la tour de la Reine Blanche et de ce souterrain, interrogeant au besoin les habitants du cru. Je le cite, décrivant la tour:" …les deux tiers au moins de la circonférence existe encore au sommet, quant au pied il n'en reste que la moitié à peine, et encore toute dégradée, fouillée jusqu'à jour par les hommes et le temps. Ca été le Cardinal Mazarin (ndlr: ou Richelieu...qu'il en soit ainsi:-)) qui vers 1697 (*) en ordonna la démolition, en même temps que d'une partie de toutes les forteresses dangereuses du royaume " (c'est moi qui souligne: de qu'elle danger s'agit-il?). Puis enchaînant sur le fameux souterrain: "Jadis un souterrain venait aboutir du château de Gisors à cette tour; de là au Château sur Epte, et du Château sur Epte au Château Gaillard prés des Andelys". Je vous propose de découvrir le reste du commentaire de Gédéon Dubreuil que j'ai formaté en PDF (env 1MO). Force est de constater qu'il n'y a aucune extravagance dans les propos de l'auteur. Il s'interroge sur l'utilité des fouilles du maire de Gisors de l'époque. Il expose très judicieusement les problèmes rencontrés par les témoins visitant le souterrain vers le début du XIXème siècle. Est-ce ces personnages qui sont représentées sur une gravure du triptyque littéraire de Taylor, Nodier et Decailleux (7)? Vas savoir! Toujours est-il que l'on y aperçoit Charles Nodier conversant avec des hommes remontant des bas-fonds du souterrain de la tour (ci-contre). Etrange coïncidence n'est-ce pas! Témoignage et gravure se recoupent parfaitement. La conclusion va de soit;
Janus Pièces justificatives à télécharger dans
Sources bibliographiques:
Resources Internet:
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