Part.I - Ceux qui savent, d’Initiateurs à Initiés : Les Initiateurs Extrait de "Nicolas Poussin, Ombres et Lumières - ARCANA CODEX, Livre V" Part.II - Ceux qui savent, d’Initiateurs à Initiés : Les Initiés Extrait de "Nicolas Poussin, Ombres et Lumières - ARCANA CODEX, Livre V" Part.III - Ceux qui savent: D’un château en Espagne ou d’un Prieuré en Belgique Part.IV - La Menorah, au fil du Temps, Ceux qui savent (part.IV) Extrait de "Nicolas Poussin, Ombres et Lumières - ARCANA CODEX, Livre V" Part.V - Alex Bloch, un pionnier du carré Sator/Rotas Il
faut savoir faire preuve de pragmatisme car, même si la vérité a force de loi,
toute vérité n’est pas forcément bonne à dire et doit être maîtrisée pour des
questions de sécurité. La ligne directrice du Mercure de Gaillon est claire
depuis le début : elle s’évertue à révéler le nécessaire pour la bonne
compréhension de l’histoire sans négliger la protection de ce qui doit l'être. L’inventaire des ombres
Mon
propos, je le sais, ne manquera pas de froisser
bien des susceptibilités. Certains lecteurs se demanderont peut-être
pourquoi écrire des articles (ou des livres) « à tourner en rond » sur Nicolas
Poussin. Mes chers lecteurs, ne vous y
trompez pas, il y a ici plus d’informations que vous n’en aurez jamais. Ce
n’est pas un simple jeu, un divertissement que l’on place entre la poire et le
fromage. Il n’y a pas de pseudo « chouette d’or » à gagner ! C’est une aventure
humaine magistrale : non nobis Domine,
non nobis, sed nomini tuo da gloriam.
Cette sentence latine bien connue, tirée du Psaume 115, n'est pas qu'une simple
prière d'humilité. Elle fut le cri de ralliement, la devise spirituelle des Templiers, dont le sceau indélébile
marque toute cette affaire de Rennes-le -Château à Gisors en passant par
Gaillon. Pour ces moines-soldats, dont le destin demeure tissé de légendes et
de secrets, une aura de mystère et de
sacrifice enveloppant leurs actes, elle incarnait la soumission de toute
action à la gloire divine et non à l'orgueil des hommes. Ce n'est pas à eux que revenait le mérite de
leurs quêtes ou de leurs découvertes, mais à la puissance supérieure qui les
guidait. Une philosophie résonnant étrangement avec la nécessité de dissimuler
certaines vérités, non par égoïsme, mais pour la protection d'un savoir dont la
portée dépasse tout jugement péremptoire, un fardeau que seuls quelques-uns
sont jugés aptes à porter, à travers les âges. Dans
ce contexte, il faut savoir également écarter les pistes éculées, voire
obsolètes, au regard des nouvelles informations révélées. Nous pouvons dès
maintenant procéder à un léger nettoyage parmi toutes les hypothèses en
présence. Ce travail
« d’époussetage » historique n’est pas sans difficulté. Entre 2009 et
2010, j’ai remis au jour certains écrits de Robert Ambelain[1]
mentionnant
le Codex Bezae.
Aujourd’hui encore, avec une constante lassitude, j’observe les irréductibles
détracteurs du Mercure de Gaillon
et dudit Codex s’engouffrer
avec un train de retard dans la brèche pour mieux s’y fourvoyer. Fidèles à
eux-mêmes, ces « chercheurs » mentent avec un aplomb et une constance
qui défient l’entendement ; j’en
veux pour preuve cette théorie abracadabrante, entendue récemment, au sujet de
l’opuscule des Pierres Gravées du
Languedoc et
du buste dit de Saint Dagobert. Leur sophisme n’a d’égal que leur profonde incapacité à lire les sources
que je produis au-delà du voile de leurs propres certitudes. Telle est la
face obscure de la recherche RLCéenne : chaque
intervenant projette sur l’énigme le reflet de sa propre idéologie. Pourtant,
une thèse ne vaut que si elle s’appuie sur des arguments solides. Ce n’est pas
en y greffant des pseudo-preuves, pétries d’apophénie et d’anachronismes,
que la vérité se fera jour. Puisque j’ai été interpellé sur ces
sujets très récemment au sein de groupes de discussion Facebook, j'en conclus
que cette gesticulation verbale aura au moins eu le mérite de contraindre mes
contradicteurs à manger leur chapeau et à l'aveu : ils admettent finalement que la découverte du XAP 186 dans le Codex Bezae
est bel et bien celle du Mercure de Gaillon, (faisant suite à celle du petit parchemin par W. Wilker en 2004). Or,
c'est précisément cette rigueur dans le décryptage des sources qui nous impose
aujourd'hui un réajustement nécessaire. Si l'on veut cesser de projeter ses
propres fantasmes sur les ombres de l'histoire, il faut accepter de voir les
objets sacrés là où ils se trouvent réellement, et non là où l'on souhaiterait
qu'ils soient enfouis. À ce titre, la Menorah
constitue l'exemple le plus flagrant de cette dérive : pour comprendre pourquoi
elle échappe aux fouilles stériles du Razès, il nous faut quitter le terrain
des suppositions pour celui de la transmission occulte. Car une chose est certaine, il n'y a aucune trace du Chandelier sacré dans le Codex D, lequel demeure le manuscrit crypté de référence pour la quête de quelques secrets parallèles et d'un autre artefact tout aussi sacré : l'Arche d'Alliance. L’usure
du Temps
Au-delà
de la quête fiévreuse, voire sulfureuse, s’étant cristallisée autour de
Rennes-le-Château, dépositaire d'un secret indéchiffrable, il est fondamental de faire le tri afin de ne
plus perdre de temps. Nous pouvons, dès lors, supprimer de la liste des
objets sacrés à rechercher le chandelier à sept branches. En effet, à mon
humble avis, nous pouvons maintenant retirer la Ménorah
de cet inventaire. J'ai de bonnes raisons de l'affirmer. C'est
dans une nouvelle de l'écrivain Stefan Zweig, intitulée « le Chandelier enterré »[2]
et écrite en 1937, que l'on trouve la réponse. Son récit, profond et
symbolique, retrace la quête incessante de la Menorah,
le candélabre sacré du Temple de Jérusalem, à travers les âges et les exils du
peuple juif. L'auteur rapporte les faits suivants : l'histoire débute en l'an
455 après J.-C., lors du sac de Rome par les Vandales. Nous sommes bien au-delà
des ravages causés en 410 par les destructions imputées à Alaric, dont un grand nombre de chercheurs continuent
de faire le pilleur du candélabre sacré. Le
récit de S. Zweig ne transposait-il pas une histoire connue depuis bien
longtemps, mais tronquée volontairement ? Car les faits sont
historiquement vérifiables. « Les instruments sacrés du culte des
Juifs, la table d'or, le chandelier d'or à sept branches, originairement
construits d'après les instructions de Dieu lui-même, et qui étaient placés
dans le sanctuaire de son temple, avaient été offerts avec ostentation en
spectacle aux Romains dans le triomphe de Titus, et déposés ensuite dans le
temple de la Paix »[3]. Si
la razzia des Wisigoths avait ébranlé les murs de la Ville Éternelle, c’est
avec l’arrivée de Genséric et de ses flottes vandales, en juin 455, que le
destin des trésors du Temple bascule définitivement. Contrairement au pillage
désordonné des hordes d’Alaric, le saccage vandale est une opération de saisie
systématique. Durant quatorze jours, Rome est méthodiquement vidée de ses
substances les plus sacrées. Au
milieu du chaos et de la destruction, le peuple juif de Rome observe avec
horreur le vol de la Menorah, trésor inestimable du
Temple de Jérusalem (déjà prise par Titus lors de la destruction du Second
Temple)[4]. Sous les yeux impuissants
de la communauté israélite romaine, le chandelier à sept branches, symbole de
leur foi et de leur identité, est emporté par les barbares vers Carthage[5]. C'est
ici que la légende rejoint l'histoire occulte. Là où les chroniques officielles
ne voient qu'un butin de guerre, une tradition souterraine évoque la mise en
place d'une surveillance millénaire. Une poignée de vieillards juifs,
conscients de l'importance spirituelle de cet objet, décident de suivre le
précieux chandelier. Ils se lancent dans une quête désespérée, comme leurs
ancêtres avaient suivi l'Arche d'Alliance — qu'ils avaient, pour le coup, perdue,
mais dont on retrouve la trace dans le Codex
Bezae
Pour
que la mémoire de cette épopée ne s’abîme dans les plaines de l’oubli, ils
emmènent avec eux un jeune garçon, Benjamin, afin qu'il puisse témoigner de
cette pérégrination une fois qu'ils auront disparu. En
s'installant à Carthage, la Ménorah quitte le giron
de l'Empire pour entrer dans celui de la « dissimulation mobile ».
Elle devient alors un talisman en transit, jalousement observé par ce cénacle
dont Stefan Zweig se fera l'écho tardif. Cette
nouvelle quête suit ensuite le destin de Benjamin, qui grandit et vieillit,
portant sur ses épaules la mission de retrouver la Menorah.
Il devient le dépositaire de la mémoire de son peuple, un témoin vivant de
l'errance et de la persévérance. Au
fil des décennies, le chandelier change de main. Lorsqu'en 534, le général
byzantin Bélisaire détruit le royaume vandale, il retrouve le trésor. La Menorah est alors toujours sous emprise, passant de
Carthage à Byzance (Constantinople) pour y figurer dans le triomphe de
l'Empereur Justinien, après sa reconquête de l'Afrique du Nord.
Nous noterons la présence du Codex Bezae dans cette même ville jusqu’en 518. Les grands secrets empruntent souvent les mêmes chemins de silence, sans pour autant qu’il faille y voir, à ce stade, une relation occulte. Benjamin,
devenu un vieil homme respecté, continue de suivre la trace de la Menorah, voyant en elle l'incarnation de l'espoir et de
l'unité de son peuple dispersé. Benjamin parvient à retrouver la Menorah à Byzance. Un avertissement est alors lancé par les
membres de ce cénacle israélite : le chandelier porte en lui le poids de la
chute des empires qui le détiennent. Pris de crainte, Justinien aurait alors
ordonné son renvoi vers les églises chrétiennes de Jérusalem. Cependant,
la fin du récit n'est pas une restitution triomphante. Zweig laisse planer une
part de mystère et une réflexion sur le rôle du chandelier. Il ne s'agit pas
tant de le ramener à Jérusalem immédiatement, mais de s'assurer de sa sécurité
et de sa préservation pour les générations futures, en attendant le moment
propice pour son retour. Le chandelier
enterré symbolise alors une attente mystique, un espoir latent pour un
futur où le peuple juif pourra enfin retrouver la paix et son foyer. Par
cette légende transmise de génération en génération parmi le peuple juif,
Stefan Zweig laisse entendre que la Menorah n'a
jamais été réellement perdue. Le chandelier retrouvé De
tout temps, elle fut suivie à la trace par un cénacle israélite, où qu'elle
soit, et ce, depuis le sac de Jérusalem par l'empereur Titus en l'an 70.
Nicolas Poussin immortalisera ce chaos dans son œuvre « La destruction et le sac du Temple de Jérusalem » (1630), ci-contre, où le Chandelier est bien visible.
Il n'en fera jamais référence dans aucun autre de ses tableaux, ce qui, en soi, constitue le premier indice
de sa portée secrète et codée. C'est dans cette discrétion, cette quasi-absence,
que résident les traces d'une tradition initiatique jalousement gardée, où
l'objet sacré se révèle aux seuls yeux qui savent voir au-delà de la toile. Le
chandelier retrouvé fut finalement placé dans un cercueil[6] puis enterré par Benjamin
en l'an 535 dans les environs de Jaffa, en Terre Sainte. Le rassemblement du
peuple juif étant effectif depuis 1948, il est donc probable que la Menorah ait été retrouvée et déterrée au XXe
siècle par les autorités israéliennes, et qu'elles la dissimulent toujours aux
yeux du monde dans un but programmé. Un secret plus vaste et orchestré est à
l'œuvre, s'étendant de la simple traque historique d'un artefact à une
dissimulation délibérée et planifiée par des entités modernes internationales. Nul
n'est tenu d'adhérer aux allégations relatées dans cette prétendue légende,
mais au moins ici les faits historiques sont inattaquables. Pour autant, il y a
toujours un fond de vérité dans les légendes, contrairement à un récit romancé
où cette vérité est totalement diluée. Ainsi peut-on suivre les aventures
d’Arsène Lupin de M. Leblanc ou des héros de J. Verne comme autant de fils
d'Ariane. Il faut également prendre en compte les opérations de diversion mises
en place par les membres du Prieuré de Sion durant des décennies. La simple
référence à la Menorah par Poussin ne servirait alors
que de trace symbolique visant la nature prohibée, voire interdite d'accès, du
secret. Le maintien du secret de la Menorah par
Benjamin entre en adéquation avec la teneur du secret occulté par Nicolas
Poussin frappé du sceau du silence des
bergers, dans cette Arcadie spirituelle où l'objet sacré ne disparaît pas, mais
se transmute en une géométrie invisible pour échapper à la convoitise des
empires. Extrait (revu et augmenté) de Arcana Codex Livre V. Pour
en savoir plus, lisez : Nicolas
Poussin - Ombres et lumières, Arcana Codex Livre V,
par Thierry Garnier, M2G Editions, 2025.
Th. Garnier © 14 mars 2026 - M2G éditions. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur. [1] Cf. Notion gnostique du démiurge et Le
mortel secret des Templiers. [2] Le Chandelier enterré, par S. Zweig, Ed.
Bernard Grasset, 1937. [3] Histoire de la décadence et de la chute de
l'Empire Romain, par Edouard Gibbon, 1812, T.6, p.388. [4] De Spoliis templi Hierosolymitani in arcu Titiano Romæ conspicuis,
in-12, Trajecti ad Rhenum,
traité d'Adrien Reland, 1716. (Sur le butin du
temple de Jérusalem, visible dans l'arc de Titus à Rome). [5] Histoire de l'Europe et en particulier de la France de 395 à 1270, par Charles Bémont et Gabriel Monod, 1891, p.54. [6] Op. Cit. p.145 et
suivantes | |||||||||||||||||||||||